L'impact du prix de l'énergie sur la compétitivité
Session : 2025-2026
Année : 2026
N° : 274 (2025-2026) 1
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Question écrite du 11/03/2026
de CLOQUET Jean-Jacques
à NEVEN Cécile, Ministre de l'Energie, du Plan Air-Climat, du Logement et des Aéroports
La compétitivité énergétique constitue aujourd'hui un facteur déterminant d'attractivité économique. Les fluctuations récentes des prix du gaz et de l'électricité rappellent combien les entreprises restent sensibles aux tensions internationales.
Dans plusieurs régions européennes, le débat s'intensifie autour de la nécessité d'investir massivement dans des capacités énergétiques locales afin de sécuriser des coûts stables et prévisibles pour l'industrie.
Pour une Région comme la Wallonie, historiquement industrielle et engagée dans la transition énergétique, l'enjeu est double, car nous devons garantir un approvisionnement sûr et préserver la compétitivité de son tissu économique.
Comment Mme la Ministre entend-elle garantir que les entreprises wallonnes ne soient pas pénalisées par un différentiel de coût énergétique par rapport aux Régions voisines ?
L'absence d'un renforcement rapide des capacités locales de production pourrait-elle affecter l'attractivité économique de la Wallonie ?
Existe-t-il une stratégie spécifique visant à articuler politique énergétique et politique industrielle afin d'assurer une compétitivité durable ?
Réponse du 13/03/2026
de NEVEN Cécile
Le contexte géopolitique actuel, marqué par les tensions au Moyen-Orient, l’instabilité des marchés internationaux de l’énergie et la volatilité des prix du gaz et du pétrole, rappelle l’enjeu d’un mix énergétique adéquat pour la souveraineté et la résilience de notre territoire. Celui-ci doit ainsi permettre de renforcer notre autonomie énergétique en réduisant notre dépendance aux énergies fossiles importées.
Le détroit d’Ormuz assure le passage d’un cinquième de la production mondiale de pétrole et d’un cinquième de l’approvisionnement en GNL.
Dès lundi matin, les cours du pétrole ont connu une hausse de 9 % et le marché du gaz européen s’est clôturé avec une hausse de 39 %.
La Belgique importe la quasi-totalité de son gaz naturel, principalement de Norvège, des Pays-Bas, du Royaume-Uni ainsi que du Qatar et des États-Unis, sous forme de GNL (gaz naturel liquéfié).
En 2024, le gaz naturel représentait 23,9 % de la consommation d’énergie primaire de la Belgique. Dans le contexte de la crise actuelle et du blocage du détroit d’Ormuz, les prix du gaz et du pétrole ont déjà connu une forte hausse en quelques jours. Étant donné l’importance du gaz naturel dans la production d’électricité, l’augmentation de son prix se répercutera également sur le prix de l’électricité.
Face à ces enjeux, les réformes que je porte sont plus que jamais d’actualité.
La future stratégie intervectorielle doit définir le mix énergétique renouvelable wallon idéal et doter la Wallonie d’un outil de pilotage de développement des énergies renouvelables.
Elle intégrera également un mécanisme de financement multivectoriel et une norme énergétique, permettant d’ajuster la contribution des différents vecteurs en fonction de la conjoncture et de l’évolution des prix de l’énergie dans les états voisins.
Cette stratégie sera présentée au Gouvernement wallon dans prochainement.
Nous agissons également sur la demande énergétique.
Tout d’abord, nous travaillons sur la réforme des mécanismes d’aide à la rénovation énergétique. Des obligations de rénovation seront progressivement mises en place ainsi qu’un accompagnement et un régime de soutien financier. La réduction des besoins énergétiques des bâtiments reste en effet un élément essentiel de la transition énergétique. Par ailleurs, l’électrification des usages permet un gain de rendement par rapport aux combustibles fossiles. Cela permet de diminuer la consommation énergétique en Région wallonne à production identique ou service rendu équivalent. Enfin, cela permet surtout de réduire la dépendance aux importations d’énergie fossile.
En ce qui concerne l’analyse des risques pesant sur l’approvisionnement énergétique wallon, et conformément au règlement européen, la Belgique a réalisé pour le gaz une analyse des risques, élaboré un plan d’action préventif et établi un plan d’urgence visant à faire face à une crise d’approvisionnement ou à une pénurie. Ces plans sont mis à jour tous les quatre ans et sont disponibles sur le site du SPF Économie. Par ailleurs, le SPF Économie a récemment consulté les Régions afin d’améliorer le plan de préparation aux risques pour le secteur de l’électricité, lequel intègre notamment l’hypothèse d’une pénurie de combustibles fossiles.
À cet égard, nous pouvons nous féliciter de la prolongation des deux réacteurs de Doel 4 et Tihange 3, qui permettent de maintenir une production électrique nucléaire stable et pilotable dans notre pays. Les évènements récents prouvent la nécessité de relancer cette filière en Belgique.
Au niveau de la collaboration européenne, les pays et les gestionnaires de réseaux gaziers coordonnent leurs activités afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement. Cette coordination permet à Fluxys, lorsque nécessaire, de prendre des mesures sur le marché pour garantir l’approvisionnement en Belgique. La surveillance de l’approvisionnement en gaz naturel est assurée par le SPF Économie, qui tient compte, entre autres, des évolutions politiques. Cette surveillance est réalisée en collaboration avec Fluxys, la Commission européenne et les pays voisins.
Enfin, nous rappelons que la sécurité d’approvisionnement, de même que la règlementation des prix de l’énergie, sont des compétences fédérales.