La suppression des subsides de politique locale Énergie-Climat (POLLEC) et l’abandon des communes rurales face aux objectifs climatiques
Session : 2025-2026
Année : 2026
N° : 302 (2025-2026) 1
2 élément(s) trouvé(s).
Question écrite du 24/03/2026
de DE RODDER Dorothée
à NEVEN Cécile, Ministre de l'Energie, du Plan Air-Climat, du Logement et des Aéroports
La commune de Celles va devoir mettre fin en juin 2026 au contrat de ses deux agents POLLEC. Deux personnes compétentes, qui ont développé une expertise de terrain précieuse, et qui seront tout simplement lâchées dans la nature à partir du mois de juin — sans alternative, sans solution, sans perspective. C'est la conséquence directe de la suppression du subside wallon, que la commune rurale de Celles n'a tout simplement pas les moyens de compenser.
Ce que ces deux agents avaient accompli n'est pourtant pas négligeable : éclairage intelligent, isolation des bâtiments communaux, projet de biométhanisation. Des investissements qui, à long terme, génèrent de véritables économies pour des communes déjà étranglées budgétairement.
En supprimant ce subside, Mme la Ministre ne supprime pas une dépense, mais elle supprime un levier d'économies futures. C'est précisément le moment le plus mauvais pour le faire, alors que nos communes sont sous pression financière croissante et qu'elles ont plus que jamais besoin de réduire leurs coûts de fonctionnement.
Et pendant ce temps, nos communes sont prises en étau. Le gouvernement wallon supprime les moyens d'agir. Le Gouvernement fédéral maintient des objectifs climatiques toujours plus stricts. L'Europe, elle, nous fixe une réduction de 55 % des émissions d'ici 2030.
Comment y parvenir en cassant un par un les outils qui permettent d'y arriver ?
Comment Mme la Ministre compte-t-elle faire pour que l'expertise de ces deux agents ne s'envole pas dans la nature en juin, emportant avec elle des années de travail et de connaissance du terrain ?
Envisage-t-elle de rétablir le subside POLLEC ou un mécanisme de soutien équivalent pour les communes rurales qui n'ont pas les moyens de financer seules ces postes ?
Comment compte-t-elle concilier la suppression de ces outils avec les engagements climatiques européens de la Belgique, mais aussi avec la nécessité pour nos communes de maîtriser leurs coûts sur le long terme ?
Réponse du 08/04/2026
de NEVEN Cécile
Je me permets de ne pas revenir sur l’historique complet de ce dossier que j’ai déjà pu développer dans une réponse à une question orale de Mme Goffinet le 25 février dernier. J’ai également rappelé les points principaux de ce dossier dans une réponse à Mme Tellier ce 24 mars.
En synthèse : 1. Non, il n’y a pas d’arrêt des aides ou de suppression de financement. Il y a la fin programmée, et connue de tous, des soutiens Pollec des appels à projets 2020, 2021 et 2022. 2. Les montants annuels étaient de 400 000 euros par an pour la Wallonie entre 2012 et 2020. 3. S’engager dans des politiques structurelles sur base d’enveloppes temporaires après cette période était un choix très hasardeux de mon prédécesseur dont j’ai déjà pu parler en Commission. Tout le monde devait se douter à l’époque que la poursuite de ce soutien serait tout simplement impossible et qu’il s’agissait d’une mesure ponctuelle. 4. Je le rappelle également, cette situation était claire pour toutes et tous. Les critères des appels à projets étaient limpides. Évoquer aujourd’hui « la suppression du financement », c’est nier les choix et les règles que mes prédécesseurs ont posés pour ces appels à projets. Toutes les communes étaient dès lors parfaitement informées des modalités du soutien régional. 5. Enfin, comme déjà précisé, le travail au sein des communes et avec celles-ci restent bien entendu essentiel. Une action articulée avec le Ministre Desquesnes a été donc inscrite dans la note d’orientation du 6 novembre dernier sur l’adaptation afin que les communes puissent bénéficier d’un cadre pour développer des stratégies locales d’atténuation et d’adaptation, notamment au départ de l’étude sur la vulnérabilité du territoire. Dès lors qu’il s’agit des compétences de mon collègue, j’invite l’honorable membre à l’interroger sur ses intentions en la matière, mais aussi sur tous les aspects de sa question touchant aux pouvoirs locaux.