Pétition pour une réglementation stricte des lâchers d’oiseaux d’élevage pour la chasse en Wallonie
Déposée par Sibille Vandenhove le 06/10/2026 | 296 signatures
Date de clôture :
15/11/2026
Sur base des données de l'AFSCA et l'ARSlA, au moins 200 000 oiseaux (perdrix, faisans et canards) sont lâchés annuellement en Wallonie. La loi prévoit de fixer les conditions des lâchers, mais aucun arrêté d’exécution ne définit de limite pour le nombre d'animaux lâchés, de provenance génétique ni de suivi sanitaire (sauf pour la perdrix) et rien n'oblige les chasseurs à aménager le territoire pour favoriser la petite faune des plaines. La loi ne distingue en rien les deux formes de lâchers qui existent : le lâcher de repeuplement - développer une souche sauvage qui se reproduira sur le territoire - et le lâcher de tir - libérer des animaux pour les chasser dès que possible sans objectif de gestion (DEMNA, 2024).
Même si l'article 12 de la loi sur la chasse prévoit de lâcher les animaux minimum 30 jours avant la chasse de l’espèce, il suffit de se rendre sur les lieux de lâchers pour constater que les faisans et canards libérés n'ont rien de sauvage, ni avant, ni une fois la chasse ouverte. Ils sont sur certains territoires encore nourris plusieurs fois par jour jusqu'au jours même des chasses. On peut assimiler la quasi-totalité des lâchers observés à des lâchers de tir car on n'observe pratiquement jamais (sauf pour la perdrix grise) d'aménagement du territoire spécifique pour accueillir la petite faune des plaines. Les animaux sont lâchés en si grand nombre sur des territoires réduits qu'on peut parfois constater des densités de plus de 1000 animaux à l'hectare.
Le manque de dispositions régionales conduit à des dérives qui portent gravement atteinte à la qualité de vie des habitants, au bien-être animal et aux écosystèmes, tout en représentant une réelle menace pour la santé publique.
Malgré l'unanimité des principaux partis politiques (MR, Les Engagés, PS, PTB, Ecolo, Défi) malgré la position du Parlement Wallon pour une chasse exclusivement sauvage, malgré la déclaration en ce sens du Président du MR, force est de constater que cette volonté politique de façade se heurte à un mystérieux blocage et qu'aucune mesure concrète n'est prise par les responsables politiques.
Malgré cela, suite à différents scandales que la presse a mis en lumière depuis de nombreuses années, la Ministre de la Chasse a annoncé une réforme à près de quinze reprises depuis un an. Ces promesses ont même conduit certaines communes, prêtes à légiférer localement, à renoncer à agir, dans l’attente d’une réforme régionale.
Nous souhaitons donc obtenir une audition pour demander au Parlement de réglementer les lâchers de petit gibier en distinguant les lâchers de tir (à interdire purement et simplement, comme c’est le cas depuis 1991 en Flandre) des lâchers de repeuplement (à autoriser sous conditions strictes d’aménagement et de gestion de l’habitat scientifiquement validées, sur le modèle de la perdrix grise).
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